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Interview de Vincent LEROY dans GESTION DE FORTUNE

Nous avons rencontré Vincent Leroy, CGP à Shanghai, de passage en France, venu discuter avec des sociétés de gestion pour le compte de ses clients expatriés en Asie. Il explique les spécificités du système en Chine: "la banque de particuliers n'existe pas, l'épargne non plus!"

Propos recueillis par Jean-Denis ERRARD

Vous vivez à Shanghai. Vous êtes conseiller financier là-bas pour les français résidant en Chine!

Oui. je vis à Shanghai depuis six ans. Je suis marié a une Chinoise. Après avoir longtemps travaillé pour Expert & Finance, je suis parti là-bas pour m'occuper des expatriés vivant en Chine. A Shanghai même, les Français sont environ 20 000,
et ils sont plus de 50 000 sur toute la Chine. Avec un associé, Hugues Martin, en janvier 2013, j'ai monté ma société, EXPATRIMO (contraction de expatriation et patrimoine), une SAS en France dont le rôle est de permettre à ces expatriés de réaliser des placements en France en assurance vie, en immobilier locatif, en parts de SCPl. Je viens deux ou trois fois par an en France pour revoir mes partenaires et fournisseurs

Vous parlez le mandarin?

Oui. Je l‘ai appris. Je ne parle pas aussi bien que ma fille! Je vis là-bas J‘ai obtenu des autorités une licence de conseil.

Vous avez réussi à développer une clientèle là-bas?

Oui, nous avons atteint près de 200 clients en portefeuille résident à Shanghai, Hong Kong, Pékin, mais aussi au Japon, en Corée et à Singapour. Pour nous faire connaître, nous sponsorisons des conférences ou des soirées concernant les français de Chine.

Vous proposez quel type de placements?

De l’immobilier notamment, en LMNP essentiellement, avec des crédits bancaires français (auprès du Crédit Foncier). Mais aussi des opérations en déficit foncier ou du locatif classique. Les revenus fonciers de source française sont taxés seulement à 20% (+ prélèvements sociaux),ce qui est intéressant. Je propose aussi du démembrement avec PERL et IPlus. En assurance vie, je travaille avec le Luxembourg, auprès de AG2R La Mondiale et Crédit Agricole Luxembourg (CALI).
Mon rôle est de faire l'interface avec la France, comme un family office. Je gère aussi les relations avec les autorités chinoises et je traduis les documents officiels. Je me considère comme un CGP spécialisé dans les relations internationales avec l'Asie.

CGP, c'est un métier qui existe en Chine?

Non pas du tout. Les Chinois ne recourent pas à des experts. Ici, on fait ce que le voisin fait. La notion de réseau relationnel est en Chine très importante. D'ailleurs, la banque de particuliers n'existe pas! L'épargne non plus! Le Chinois fait des achats immobiliers ou prête de l'argent à son réseau. On se prête entre soit, c'est un système de tontines à la chinoise. et puis ils achètent beaucoup d'actions, mais pas comme en France. C'est un jeu de casino pour eux.

Comment font les français pour placer ce qu'ils gagnent?

Ici, il n’y a pas de système bancaire, pas d'offre financière comme en France. Les transferts sont très contrôlés. On peut sortir de Chine la totalité de son salaire, mais on ne peut pas dépasser 50 000$ par an. Pour un Français, le choc de culture est considérable, c'est un tout autre monde.

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